Bienvenue sur My Sweet Decadence...

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Un nouveau blog, dans un nouveau but...

Moi, c'est KM.,

Auteur et Admin principale de la TH Yaoi Authors Community,
Auteur également de la fiction Twincest " Wenn Nichts Mehr Geht ".

Pour ceux qui me connaissent, je vous souhaite de trouver ici ce que vous cherchiez...
Pour les autres, je vous souhaite la bienvenue dans ma bibliothèque personnelle d'OS, TS et minifics...

Bonne lecture à vous tous, et ne soyez pas avides de commentaires...

KM.

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# Posté le jeudi 05 juin 2008 06:53

n° 1 - TS : " Alles, Ich und Du... "

n° 1 - TS : " Alles, Ich und Du... "
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Ce TS est entièrement dédicacé à l'un des premières personnes à m'avoir soutenue dans mon expérience Twincest, à savoir DjK.

Il se base sur une interview entièrement réelle et très ambigue !

Je l'aime bien... et je le poursuivrai bientôt !

Bonne lecture !


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[ Part 1 / 2 ]


La tête rejetée en arrière, le regard rivé sur les nuages, Bill éteint sa cigarette dans un soupir, la jetant au loin. Seul sur ce parking privé derrière leur hôtel de Dortmund, il songea que même après tout ce temps, il était impossible à qui que ce soit de s'habituer à toute cette médiatisation. Après une dizaine d'interview, chacune de vingt minutes tout au plus, chacune ressassant les mêmes questions ridicules, il n'avait pu se retenir de demander une pause.

Aucun des autres ne l'avait suivi, notamment parce que Gustav et Georg avaient été autorisés à regagner leur chambre. Cette dernier interview, celle pour laquelle il était attendu, leur était réservée, à lui et à son frère. Tom, lui, avait préféré s'enfermer dans sa bulle de beats hardcore ; enfonçant ses écouteurs dans ses oreilles, il s'était recroquevillé sur le canapé de la suite et avait vaguement regardé Bill sortir.

Machinalement, le brun lissa ses cheveux du bout des doigts et pénétra à nouveau dans l'hôtel au bras de Saki, qui l'avait accompagné, comme toujours, comme partout...

Regagnant la suite luxueuse de l'avant dernier étage, il constata en observant l'horloge murale, petit bout d'acier design, qu'il leur restait une dizaine de minutes avant l'arrivée de la journaliste. Avec un sourire contrit, il pria donc le plus gentiment possible toute personne de quitter la pièce. Il avait envie qu'on les laisse seuls.

Saki, habitué, ne s'en formalisa pas le moins du monde, ce qui ne fut pas le cas du reste du staff, certains haussant un sourcil offensé en observant le brun qui ne cessa pourtant pas de sourire.

Tom, son IPod toujours rivé sur les oreilles, cligna doucement des yeux, observant ce mouvement de foule dont il ne connaissait pas l'origine. Peu intéressé, il planta un regard interrogateur dans celui, impatient, de Bill. Le brun regardait les dernières personne présentes passer la porte. Il remercia Saki d'un geste de la main avant de réaliser que son frère cherchait son regard.

Les yeux de Tom étaient perçants. Bill, à nouveau naturel, relâcha les muscles de son visage, et son frère put facilement y lire une profonde lassitude. Doucement, le brun s'assit à ses côtés. Soudain, il se sentit mieux. Il s'étonna à nouveau de la façon dont lui et Tom pouvaient parfois se sentir si proches sans même se toucher. Ses paupières mi closes, il finit par se détendre un peu, se laissant aller à des pensées aussi diverses que l'heure du concert du lendemain ou encore la couleur des yeux un peu particulière de Gustav.

La voix de son frère le sortit rapidement de sa torpeur.

« Tu as fait dégager tout le monde. »

Ce n'était pas une question, seulement une affirmation. Le guitariste n'attendait aucune réponse. Il constatait seulement la situation à haute voix. Bill le savait et se contenta de hausser les épaules.

« Tu te sens prêt ? » ajouta le blond, cette fois à l'intention de son frère.

Bill jugea bon d'ouvrir complètement les yeux pour lui répondre.

« J'appréhende. Et toi ? »

« Aussi. »

Le brun se tourna vers son jumeau pour constater que celui-ci avait retiré ses écouteurs et se triturait pensivement les mains.

« Après tout, ça nous changera. » finit-il par souffler, sa langue jouant légèrement avec son piercing.

Bill ne le quitta pas des yeux. Il pouvait sentir toute la tension mêlée de curiosité qui habitait son frère. Tom cessa de regarder dans le vague et lui rendit son regard avant d'esquisser un sourire.

« Comment est-ce qu'il a formulé ça, déjà... ? »

« Qui, David ? » interrogea Bill sans baisser les yeux.

« Oui. »

« Il a dit que ce serait une interview un peu spéciale... au sujet de nous deux. Je crois que le terme exact c'était de notre 'lien'. »

Le blond aquiesca, et Bill se détourna à nouveau. Lui aussi se posait des questions. Il referma finalement les yeux et sourit légèrement lorsqu'il entendit le rire, nerveux, de Tom franchir ses lèvres.

« C'est pas comme si on allait apprendre quelque chose, après tout... » murmura le guitariste, plus pour lui même qu'autre chose, mettant un terme à la conversation.



+++



Un peu moins d'une demi heure plus tard, la journaliste avait pris place sur le fauteuil blanc qui faisait face aux jumeaux. Autour d'elle, deux photographes les avait mitraillé, leur demandant quelques sourires surjoués, et attendaient à présent la moindre réaction intéressante de l'un ou de l'autre.

Tom, les mains croisées sur le ventre, le dos confortablement enfoui dans les gros coussins gris perle du sofa ; Bill, une main sur chaque genou, la lèvre inférieure pincée entre ses petites dents, les yeux fixés sur le magnétophone qui, posé sur la table basse, enregistrerait chaque question et chaque réponse, afin que la journaliste ait tout loisir de les transformer à sa guise, plus tard...

Après avoir griffonné une dernière note sur son bout de papier, la jeune femme leva les yeux et leur adressa un sourire sincère qui ne manqua pas d'étonner le chanteur.

« On vous a parlé du thème de l'interview je suppose... ? » demanda-t-elle d'une voix douce.

« Oui. » répondit simplement Tom, prenant son frère de vitesse. Bill aurait répondu beaucoup plus longuement, tout en sachant que ce n'était pas nécessaire.

« Alors on peut commencer. »

Bill tenta de se détendre et sans savoir vraiment pourquoi, se retint de regarder son frère. Il se concentra.

« Les garçons, rentrons directement dans le vif du sujet. Pouvez-vous me dire ce qui fait que votre lien est si particulier ? »

Pris de court, Bill écarquilla les yeux et décida de réfléchir. C'était une question importante... Alors qu'il levait les yeux au plafond pour trouver une réponse correcte, il fut surpris d'entendre Tom répondre presque tout de suite :

« Nous sommes si différents et si semblables à la fois. On n'a pas l'air de jumeaux, pourtant nous sommes des âmes s½urs. Quand je regarde Bill, je sais ce qu'il pense. Je sais quand il a un problème, même s'il n'est pas là. »

Le brun se garda bien de baisser les yeux, conscient qu'il devait être en train de rougir. Pourtant, il ne savait pas pourquoi. Il savait déjà tout ça. Il se persuada rapidement que seule la situation était gênante : cette femme était une inconnue. Soudainement conscient qu'il lui fallait dire quelque chose, il laissa sortir les seuls mots qui lui venaient à l'esprit :

« Il y a une connection très forte entre nous. »

La journaliste lui sourit doucement, et enchaîna.

« Vous vous habillez et vous comportez très différemment tous les deux. Qu'est ce qui vous rend semblables ? »

Cette fois, Bill s'empressa de répondre en premier, ses yeux bien rivés dans ceux de son interlocutrice.

« En ce qui concerne le caractère, on est tous les deux très têtus. »

« Et persistants. Quand on a une idée en tête, on fait tout pour qu'elle se réalise. »

Tom avait spontanément complété sa phrase. Retenant un sourire, Bill s'étonna tout de même que son jumeau prenne tant la chose au sérieux. Il décida de donner un peu de légèreté au tout.

« A part ça, on déteste tous les deux les brocolis, et on adore les pizzas. Mais le plus important, c'est qu'on rit énormément ensemble. Il nous suffit de nous regarder... » souffla-t-il, évitant pourtant soigneusement de regarder le blond.

« Et qu'est ce qui est différent dans votre caractère ? » poursuivit la jeune femme, regardant clairement Tom.

« Je suis juste plus cool, plus calme. Je réfléchis longtemps avant de prendre une décision. Bill se contente de suivre son c½ur. »

Bill sourit encore à cette allusion. C'était absolument vrai. Cette interview commençait à lui plaire.

« Ok... Tout va bien, jusque là ? Je peux continuer ? »

Sans ce concerter, les jumeaux se contentèrent tous les deux de hocher la tête en signe d'approbation.

« Bien. Y a-t-il des choses que vous faites l'un sans l'autre ? »

Tom sourit. Bien sûr qu'il y en avait, mais peut-être pas tant que ça. Voyant le dos de son frère se soulever légèrement, il décida de le laisser répondre, ce que Bill ne tarda pas à faire.

« Aller aux toilettes, prendre un bain, prendre une douche... » Le brun rit, arrachant un nouveau sourire à son frère sans même le savoir. « A part ça, rien. »

Tom sourit encore un peu plus en réalisant que son frère n'avait pas dit « dormir ». Cela faisait pourtant quelques mois depuis la dernière fois qu'ils avaient dormi ensemble. Mais le brun ne considérait toujours pas que c'était quelque chose qu'ils faisaient séparément.

« Est ce que vous vous manquez quand vous êtes séparés ? »

Cette fois, la réponse vint si rapidement à Tom qu'il se hâta de prendre la parole. Il se souvenait d'une anecdote....

« Oui, absolument. Quand nous avions six ans, nous étions en colonie de vacances. On dormait dans des tentes, tout ça. Bill avait le mal du pays et est rentré à la maison... »

A ces mots, Bill se tourna vivement vers le guitariste avec l'intention de le fusiller des yeux. Mais en voyant ses joues rosées et son air concentré qui aurait du être moqueur, il se ravisa et se contenta de protester, regardant à nouveau la journaliste.

« C'est faux ! C'était dans l'autre sens ! Notre mère a du récupérer Tom ! Je suis resté là bas une semaine sans lui. »

A son tour, le blond s'offusqua, lui donnant une tape sur l'épaule.

« N'importe quoi ! Bref, tout ça pour dire qu'on était séparés et qu'on se manquait énormément. On était contents quand on s'est revu. »

Tom sourit à nouveau à ce souvenir. Ce jour là, Bill et lui s'étaient sautés dans les bras et avait refusé de se lâcher jusqu'à la fin de la semaine suivante, dormant étroitement serrés l'un contre l'autre. Visiblement, Bill s'en souvenait aussi, car il s'était brièvement tourné vers lui. Le brun s'était retenu de lui sourire tendrement, sentant déjà crépiter les appareils photos. Mais l'intention y était, et il pouvait jurer que Tom l'avait senti.

La journaliste poursuivait inlassablement :

« Je m'excuse mais quand je m'adresserai à vous individuellement, je me permettrais de vous tutoyer, pour que ce soit bien clair pour nos lecteurs. Donc, qu'est ce qui te plaît, te rend fier, te satisfait chez ton frère, Bill ? »

Cette fois, le brun prit quelques secondes de réflexion, la pression retombant progressivement.

« J'admire le fait qu'il soit un si bon guitariste et qu'il travaille autant pour ça. Je suis aussi heureux qu'il soit le frère que tout le monde rêverait d'avoir. Je peux compter sur lui à 100%. »

Etrangement, il put jurer qu'il avait senti Tom frémir. Alors il ajouta :

« Ma confiance en lui n'a aucune limite. »

Tom ne savait pas trop quoi penser. Evidemment, il savait cela. C'était seulement... étrange... d'entendre son frère le dire. Bill avait toujours sur choisir ses mots, en témoignait son talent pour écrire leurs chansons. Mais lorsqu'ils lui étaient adressés, Tom trouvait les mots de Bill encore plus pertinents, plus... beaux. Bientôt, la question suivante le tira de sa réflexion. Attentif, il sentit brièvement les yeux de Bill se poser sur lui.

« Même question au sujet de Bill, Tom ? »

Le guitariste laissa sa langue jouer avec son piercing quelques secondes avant de répondre, conscient que ses mots ne seraient de toute façon jamais les bons.

« Bill est plus mis en avant que moi. J'admire la façon dont il gère tout ça. Il ne se laisse pas avoir et reste vrai envers lui même. Bill est né pour être un leader. A part ça, je peux aussi parler de tout avec lui, tout lui dire. »

Tom savait d'avance que sa réponse était pâle, vide, creuse comparée à celle de son frère. Mais cette question était trop privée, trop personnelle, trop difficile. Et il savait que Bill le savait. Le brun ne lui en tiendrait pas rigueur.

Effectivement, Bill, qui n'avait pas raté le moindre mot, se crispa légèrement puis au bout de quelques secondes, se détendit à nouveau. Son frère n'avait pas su exprimer ce qu'il pensait réellement. Ou n'avait pas voulu....

« Tom, t'inquiètes tu pour Bill ? »

Bill songea qu'à l'instant présent, c'était lui qui s'inquiétait pour Tom. Les questions devenaient vraiment intimes. Enfin il lui semblait... Il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter à l'idée d'un Tom, impulsif, quittant la pièce sans vouloir répondre. Pourtant la voix du blond s'éleva calmement dans la pièce.

« Oui, parce qu'il est très agréable (presque dans le sens de influençable ici, qui souhaite plaire à tout le monde). Je crois que tous les chanteurs sont comme ça. Il faut qu'il fasse attention à ne pas s'effondrer. Je m'inquiète aussi qu'il ne supporte pas la longue tournée. C'est pour ça que j'essaye de prendre soin de lui et que je lui apporte du thé. »

Bill secoua doucement la tête. C'était tout Tom : il avait dit quelque chose de touchant, alors il lui fallait terminer sur une note triviale. Qu'est ce que le thé venait faire là dedans... ?

« Prenez-vous soin l'un de l'autre quand vos parents sont absents ? »

Sur sa lancée, Tom poursuivit.

« Oui, en tournée je dis tout le temps à Bill « Mets un sweat, avant d'attraper la mort ! » Et pourtant on ne campe même pas, petite poule mouillée ! »

Les deux garçons rirent franchement, ainsi que les quelques autres personnes présentes dans la pièce. Pourtant, ils évitèrent à nouveau de se regarder, et Bill ajouta :

« Le chanteur est toujours le chaton fragile du groupe. Les autres peuvent monter sur scène en ayant un rhume, mais pas moi. C'est pour ça qu'ils prennent tous soin de moi. Mais quand Tom est malade, je prends aussi soin de lui. »

Tom plongea à nouveau dans ses souvenirs. Il se rappelait avoir été si malade qu'il ne pouvait rien avaler sous peine de tout vomir. Cela avait duré plusieurs jours, et Bill, normalement terrorisé par les vomissements, était resté près de lui tout le temps, veillant à ce qu'il boive des litres de d'eau de peur qu'il ne se déshydrate. Si bien que leur mère avait du forcer le brun à boire lui aussi, car il en oubliait totalement de prendre soin de lui-même.

« Tom a une attitude très cool, mais est-ce qu'il lui arrive aussi d'être émotif, Bill ? »

La curiosité du guitariste augmenta. Il avait hâte d'entendre la réponse de son frère à ce sujet.

« Tom a un grand c½ur. Il peut être amoureux, émotif ou triste, tout comme moi. On est très similaires sur ce point. C'est seulement qu'il ne le montre pas comme moi. Il ne se lâche qu'à la maison. »

Le brun avait vu juste, et pour le lui confirmer, le blond ajouta :

« Les deux seules fois où j'ai pleuré dans ma vie, Bill était là. »

Et ce fut au tour de Bill de plonger dans des souvenirs encore très présents. Il se rappela Tom, totalement effondré devant une lettre de la première et seule fille pour laquelle il avait ressenti quelque chose. Après coup, le guitariste avait juré qu'il ne s'agissait pas d'amour. Pourtant, Bill se souvenait l'avoir vu souffrir si fort qu'il avait eu pour la première fois le sentiment que Tom aimait quelqu'un plus que lui. Son c½ur se serra à cette pensée.

« Vous dites-vous l'un à l'autre combien vous vous appréciez ? »

La réponse vint spontanément à Bill.

« Bien sûr qu'on se dit qu'on s'aime, s'adore, et évidemment qu'on se prend parfois dans les bras etc. Mais pour être honnête, on en a pas besoin. On sait ce qu'on signifie pour l'autre. »

A nouveau, Tom admira la formulation de son frère. Il n'aurait pas su dire mieux. Il songea même qu'il n'aurait tout simplement pas su répondre autre chose que « Oui. »

« Que feriez vous pour l'autre ? »

En même temps, les jumeaux frémirent. Tous deux avaient redouté cette question, connaissant pourtant parfaitement la réponse. Tom commença à paniquer légèrement. Bien sûr qu'il savait très bien ce qu'il en pensait, mais il était incapable de le dire. Bill sentit l'anxiété du blond et trouva rapidement son regard. Dans les yeux chocolats, il perçut à la fois de la peur et un profond désarroi. Lentement, il attendit que le guitariste se rassure, et finit par trouver l'approbation dans son regard. Bill devrait répondre pour eux deux.

« Tout, absolument tout. On voudrait même mourir l'un pour l'autre. »

Tom se mit à trembler imperceptiblement. Il ferma les yeux et inspira lentement, ce qui provoqua le premier flash de toute l'entrevue. Un photographe avait remarque son changement d'attitude. Le blond se reprit alors, affichant un sourire faussement indifférent.

« Une chanson bonus de votre nouvel album s'appelle 'In Die Nacht'. Dans cette chanson, vous parlez de vouloir vivre seulement ensemble, tous les deux. »

Bill fut à nouveau bouleversé par la perspicacité de la journaliste. Bien sûr, on leur avait déjà posé des questions sur cette chanson. Mais pas après autant d'interrogations si pertinentes, si appuyées, si... intimes. Il avait pourtant envie de répondre.

« C'est vrai. » souffla-t-il. « On voulait absolument écrire une chanson sur notre lien. On veut même mourir ensemble. L'idée que seulement l'un de nous puisse mourir nous est insupportable. On ne peut pas imaginer vivre sans l'autre. »

A ces mots, bien que toujours sous le choc, Tom ne put s'empêcher d'ajouter :

« C'est une idée tellement dingue que l'un de nous puisse mourir et laisser l'autre derrière... »

Curieusement, ces mots eurent plus d'impact que la question sur Bill, qui s'empressa de préciser pour clore le sujet :

« Je ne veux pas trop penser à ça. Mais quand il faudra partir, on partira ensemble. »

Pourtant, la professionnelle fut intriguée par l'air sérieux qu'arboraient maintenant les deux frères, et décida de continuer, à tâtons, dans cette voie.

« Heu... et... qu'est ce qu'il se passera lorsque quelque chose arrivera à l'un d'entre vous... ? »

Tom n'avait définitivement pas la force de répondre à cette question. D'un signe négatif de la tête, il le fit comprendre à la journaliste, qui se tourna vers Bill. Le brun était perturbé par la question mais sentait qu'il n'aurait peut-être plus jamais l'occasion de... de parler de ça devant Tom. Alors il soupira longuement, prit une grande inspiration et finit par se révéler :

« J'imagine toujours le cas suivant – On se tient sur le rebord d'une falaise et quelqu'un nous dit « L'un de vous doit sauter et ne pourra jamais revenir. » On saute tous les deux, aucun doute là dessus. C'est sûr à 100%. »

Cette interview était réellement éprouvante, et le brun baissa légèrement les yeux. Soudain, il sentit la main de Tom se refermer brièvement sur la sienne, qu'il avait nerveusement posé à ses côtés, sur le sofa. Son frère exerça une légère et discrète pression sur le bout de ses doigts avant de retirer sa main. Personne n'avait remarqué, en témoignait l'absence de bruit de flash.

« Dans votre nouvelle chanson, « Spring Nicht », Bill chante l'histoire de quelqu'un qui ne veut plus vivre. Tom, que ferais tu si Bill en venait à penser de la même façon ? »

Cette fois, Tom ne pouvait pas y échapper. Mais la question lui sembla moins difficile. Bill s'exprima pourtant le premier, lui épargnant ce qu'il n'aurait sur dire :

« Si l'un de nous ne veut plus vivre, l'autre ne veut plus non plus. »
« Quand Bill va mal, je vais mal. » enchaîna le blond. « Mais bien sûr que je ferais tout pour le sauver. Si quelqu'un le peut, alors c'est moi. »

Ces paroles rappelèrent une anecdote à Bill, qui commença à la raconter tout haut sans vraiment s'en rendre compte :

« Une fois, j'étais à l'hôpital. Lorsque je me suis réveillé de l'anesthésie, Tom était là. Il est resté assis près de mon lit toute la journée et s'est endormi... » Soudain, il réalise qu'il parlait à haute vois et précisa un peu. « Je voulais seulement voir mon frère. Personne d'autre que lui ne peut m'aider dans une situation pareille. »

La journaliste nota quelque chose pour la toute première fois. Jusque là, le magnétophone avait été suffisant. Mais elle ressentait quelque chose de plus en plus particulier flotter dans la pièce. Elle poursuivit, sachant que le temps qui lui était imparti n'était plus très long.

« Voulez-vous vivre ensemble ? »

La question était simple, plus légère, alors Bill répondit avec le sourire.

« Oui, on ne peut rien imaginer d'autre. Peut-être vivre à côté l'un de l'autre, ou dans des maisons collées et reliées par une porte. »

L'idée était si enfantine que la journaliste ne put se retenir de rire. Tom fronça légèrement les sourcils et sourit à son tour. La fin de l'interview était proche, il pouvait le sentir. Il se détendit un peu.

« N'êtes-vous pas jaloux quand l'autre a une petite amie ? »

Bill, un verre d'eau dans la main, faillit s'étouffer en buvant. La première réponse qui lui était venue était : « Bien sûr que si ! » Heureusement, il avait alors la bouche pleine. Il espéra que Tom allait répondre, mais comprit d'un bref coup d'½il que celui-ci n'avait pas grand chose à dire. En effet, songea Bill, lui n'avait jamais été confronté à cette situation... Seul Tom avait réellement eu une 'petite amie' à proprement parler...

« Absolument pas. » finit par affirmer le brun. C'était la première fois qu'il mentait depuis le début, et il se demanda si son frère l'avait deviné. « On est heureux pour l'autre. Si une fille est importante pour Tom, alors je l'accepterai, peu importe ce que je pense d'elle. »

Tom trouva que ça sonnait faux. Mais pour la première fois depuis longtemps, il n'aurait su dire si Bill mentait vraiment. Perturbé, il répondit à son tour :

« Qui plus est le lien que l'on peut avoir avec une fille est très différent de celui entre nous. Je ne peux pas imaginer faire confiance à une fille comme je fais confiance à Bill. Et je ne passerais pas moins de temps avec lui si j'avais une petite amie. Elle devra absolument accepter ça. »

Le c½ur de Bill manqua un battement. Tom n'avait jamais prononcé ses mots dans aucune de leur discussion. Et Bill, s'il l'avait espéré, n'avait jamais songé que son frère pouvait réellement penser de cette façon. Tom était un tombeur... Le brun eut du mal à réaliser ce qu'il venait d'entendre, et dut se concentrer pour ne serait-ce qu'entendre la question suivante, qui lui était adressée.

« Et si une fille disait « Ton frère ou moi ! » ? »

Bill n'eut pas besoin de réfléchir outre mesure.

« Si elle a quelque chose contre mon frère, alors je ne peux pas l'aimer. Je ne laisse personne se mettre entre nous. »

Un silence s'installa alors, de quelques minutes, qui parurent aux jumeaux une éternité. Cette interview les bouleversait beaucoup plus que prévu, et chacun se demandait intérieurement à quoi allait ressembler leur prochaine discussion, songeant déjà à mille moyens de la repousser le plus possible...

Enfin, la journaliste leva les yeux de ses quelques notes et leur sourit pour la dernière fois :

« Et bien, c'est la dernière question ! Pouvez-vous aimer quelqu'un d'autre de la façon dont vous vous aimez... ? »

Tom sentit que pour une fois, il n'y avait pas foule de choses à dire. Alors il se contenta de répondre :

« Non. »

Agréablement surpris par la spontanéité de son frère, Bill se sentit tout de même obligé de préciser quelque peu.

« Nous aimons nos parents, évidemment. Mais le lien que nous avons est vraiment quelque chose de spécial. On se connaît depuis le ventre maternel ! Personne ne peut être plus proche que ça... »



+++



La suite était enfin presque vide. A l'extérieur, la nuit était tombée, comme le constata Bill en allumant enfin une cigarette. C'était au moins la trente cinquième fois qu'il se retrouvait sur ce parking sinistre. Saki discutait dans le couloir juste derrière la porte, et sa grosse voix couvrit le bruit des pas qui s'approchaient.

Bill entendit seulement la lourde porte d'acier s'ouvrir et vit s'avancer son frère. Instinctivement, il baissa les yeux.

« Tu m'allumes une clope, bitte ? »

Le brun s'exécuta et tendit la cigarette au guitariste.

« Danke. »

Le silence qui suivit était inhabituellement lourd. Lorsque les jumeaux choisissaient de ne pas parler, le vide avait généralement quelque chose d'apaisant. Mais pas ce soir là.

Tom s'appuya nonchalamment sur le capot d'une voiture et observa distraitement les étoiles qui commençaient à apparaître en cette nuit de début d'été. C'était leur unique nuit dans cet hôtel : demain, à la suite du concert, il leur faudrait regagner le bus et partir sur les routes. Gustav et Georg vivraient avec eux à longueur de journée. Pas que cela le dérangeait... Il trouvait seulement cela ironique que quelques heures après de telles... révélations, ils se retrouvent tous les deux dans la situation la moins intime du monde.

Des moments à deux, ils n'en auraient plus avant un moment.

Alors le guitariste posa les yeux sur son jumeau. Le brun tirait longuement sur sa cigarette, les yeux également levés vers le ciel... Ses traits étaient tirés, mais ses yeux vifs, pleins de doutes. Tom se lança, extirpant Bill de ses pensées :

« Engel ? »

C'était le nom qu'il lui donnait lorsque son frère allait mal. A cette appellation, Bill tressaillit imperceptiblement et lui lança un regard interrogateur. Alors Tom murmura :

« Ca t'ennuierait qu'on dorme ensemble, cette nuit ? »

Bill écarquilla les yeux. La dernière fois qu'ils avaient dormi ensemble... c'était plusieurs mois auparavant... Bill avait fait un cauchemar et s'était glissé dans le lit du blond, mais ce dernier dormait d'un sommeil lourd, et il ne l'avait remarqué qu'au matin... Depuis le brun n'avait plus vraiment osé demander. Et le fait que son frère en prenne l'initiative le... ravissait.

« Non, bien sûr. Ca... fait longtemps. »
« Je sais. »

Tom écrasa sa cigarette et s'approcha de son frère pour lui prendre la sienne et la jeter le plus loin possible. Bill l'observa. Tom voulait ajouter quelque chose.

« Merci. »

Bill ne savait pas exactement de quoi il s'agissait, mais il hocha la tête, et le remercia à son tour, dans un murmure. Alors le guitariste lui décocha un magnifique sourire et d'un signe de tête, l'invita à entrer dans l'hôtel. Ce soir, ils dîneraient avec quelques amis pour leur dernier soir en Allemagne...

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Laissez moi vos avis avant que je ne publie la suite !

# Posté le jeudi 12 juin 2008 09:41

Modifié le lundi 29 décembre 2008 13:51

n° 3 - OS : " Dream Brother. "

n° 3 - OS : " Dream Brother. "
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De tous mes OS, c'est pour l'instant mon favori.

Inspiré de la chanson Dream Brother, d'une de mes idoles, Jeff Buckley, que vous pouvez écouter en même temps
ICI

Attention, très très hot...

Bonne lecture !

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Dream Brother.
D'après le texte de
Jeff Buckley.
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Pieds nus, Tom s'assit sur le rebord du lit double et frissonna. Bill avait la mauvaise habitude de s'endormir avec la fenêtre ouverte, quelque soit l'époque de l'année, et ils étaient en plein hiver. Le blond frictionna nerveusement ses flancs à travers son unique t-shirt et laissa échapper un grognement. A l'extérieur, le vent glacial avait fait fuir le moindre nuage, et les étoiles étaient bien visibles sur le fond d'ébène de cette nuit de Décembre.

Le silence qui régnait dans la chambre d'hôtel fut soudain brisé par un sanglot étouffé. Sous un amas informe de couvertures et de draps, une boule de chaleur tremblait à intervalles réguliers, le tas de tissus blancs se soulevant et s'abaissant sous les yeux soucieux de Tom. Lentement, il avança une main vers les bouts de doigts échoués sur un oreiller, seule preuve du fait que la boule en question était un être humain.

Au contact, les couvertures sursautèrent, puis s'abaissèrent à nouveau. Les sanglots reprirent, plus espacés, plus étouffés.

Avec douceur, Tom se hissa sur le matelas et s'appuya à la tête de lit, un oreiller isolé s'enfonçant dans le bas de son dos. Les bouts râpeux de ses doigts caressaient distraitement ces phalanges émergeant de la pile de couettes, s'attardant sur les longs ongles manucurés, massant à peine les articulations pointues qui semblaient vouloir percer à travers la peau transparente.

De là où il était et dans le froid de la pièce, il pouvait sentir, à travers les couches successives, la chaleur incroyable qui émanait de Bill. Une fournaise si attirante qu'il finit par retirer son t-shirt pour se laisser glisser sur le dos et, délaissant les doigts délicats du brun, soulever une à une les innombrables barrières de couvertures qu'avait dressé Bill autour de lui.

Dans la pénombre, il finit par discerner le dos de son frère, allongé sur le flanc, auquel il se colla sans un bruit, remontant négligemment les draps sur leurs deux corps. La chaleur qui régnait là était humide et étouffante. Une odeur familière de shampoing au caramel et de démaquillant vint chatouiller ses narines. L'odeur de Bill, mêlée à une légère réminiscence de sommeil, de sueur et de larmes.

Tom glissa un bras sous celui, brûlant, du brun, son coude se nichant dans le creux de sa taille et sa main venant comme si de rien reposer sur le ventre plat et encore secoué de spasmes réguliers. La peau tendue glissa sous ses doigts, et il soupira en enfouissant son visage entre les omoplates saillantes de Bill.

Le brun trembla à ce contact. Les sanglots cessèrent.

Au bout de quelques minutes, Tom sentit Bill remuer contre lui, et sa main, échouée sur le ventre du brun, atterrit sur son dos. Son jumeau lui s'était retourné pour lui faire face, tête baissée. Dans l'obscurité, Tom ne put que deviner les longues traînées noires qui salissaient ses joues. Doucement, il pressa la peau contre la paume de sa main, amenant le corps bouillant plus proche du sien.

Une main fine et délicate vint se poser sur son torse, et il sentit de long cheveux raides glisser sur ses épaules et dans son cou, tandis qu'un nez humide effleurait sa clavicule. Un long soupir franchit la barrière de ses lèvres, et ses doigts dessinèrent de petits cercles entre les reins tendus de Bill, glissant le long de la cambrure parfaite.

« Dors. »

Il s'étonna du fait que sa voix n'était qu'un souffle. Il ne pensait pas être capable d'une telle tendresse et il eut l'étrange sentiment que quelque part, la situation le dépassait déjà.

« D'accord... »

La voix de Bill s'était élevée entre les draps, rocailleuse, encore nouée. Il avait senti son souffle incandescent contre son torse.

Peu à peu, la chaleur qui l'entourait plongea Tom dans une torpeur inconfortable. Une boule douloureuse se formait au fond de sa gorge à l'idée de s'endormir alors que son frère allait si mal. Mais les longs cils de Bill caressant le bas de son cou alors que celui-ci fermait les yeux, la douceur des draps qui glissaient sur sa peau, se soulevant au rythme de la respiration du brun, achevèrent de parfaire le cocon dans lequel se trouvait Tom.

Il entendit à peine le vent s'engouffrer par la fenêtre ouverte, un sommeil précaire ayant rapidement raison de lui.


There was a child sleeping near his twin
The pictures go wild in a rush of wind

Il y'avait un enfant dormant près de son jumeau
Les images se brouillent dans une rafale de vent


Peu à peu, la conscience lui revenait. Il faisait toujours chaud. Mais moins. La sensation était étrange. Derrière ses paupières, aucune lumière ne perçait encore, mais Tom savait néanmoins qu'il s'était écoulé plusieurs heures : sa bouche était pâteuse, et un bourdonnement sourd s'était logé entre ses tempes. Machinalement, il déglutit et entrouvrit la bouche.

L'air glacé s'y engouffra. Son visage était donc découvert. Reprenant doucement possession de l'espace, il étira ses jambes et sentit une résistance inattendue le long de ses cuisses. Une sensation d'inconfort lui fit réaliser qu'il était allongé sur le dos, et il tiqua finalement sur le fait que la chaleur n'irradiait que ses reins et le bas de son ventre.

Une rafale de vent plus forte et sonore que les autres l'obligea à ouvrir les yeux.

A travers ses cils encore collés par le sommeil, il distingua vaguement deux orbes marrons incandescentes fixant son torse dénudé, et il eut l'impression que ce regard le brûlait. Dans la pièce, il lui sembla qu'elles étaient les seules touches de couleur. Le reste était un vague monochrome, un film flou en noir et blanc.

Un visage d'une pâleur translucide encadré d'un rideau de longs cheveux noirs s'approchait à présent de la peau laiteuse de son ventre, parsemée de tâches noires qui n'étaient autres que les ongles de mains caressantes. Tout était si flou et si lent que Tom détourna la tête pour poser ses yeux sur la fenêtre toujours ouverte. Les étoiles avaient disparues, et les stores de tissus sombre claquaient au vent, émettant un bruit sec qui lui fit penser à de grandes ailes brassant l'air.

Le guitariste se redressa légèrement sur ses coudes, clignant sceptiquement des yeux. Son boxer avait disparu. Ses jambes étaient emprisonnées entre des cuisses diaphanes, et une main brûlante enserrait son membre gonflé. Deux immenses tâches chocolat vinrent se river dans ses yeux.

Bill le fixait.


That dark angel he is shuffling in
Watching over them with his black feather wings unfurled

L'ange noir qu'il est brasse l'air autour d'eux
Les regardant, ses ailes aux plumes noires déployées


Tom ouvrit la bouche mais absolument aucun son n'en sortit. La situation commençait à peine à s'imposer à lui, les doigts de Bill emprisonnant sa virilité, son autre main reposant, lascive, sur son ventre, les genoux du brun fermement enfoncés dans les os de son bassin, et le poids plume de son frère très haut sur ses cuisses.

Mais ce qui fascinait le plus le blond en cet instant, c'était ces deux magnifiques yeux qui lui imploraient silencieusement de se taire. Tom secoua négativement la tête en réponse à cette requête muette et avança une main encore engourdie vers la joue de Bill.

Eclairé seulement par la lune et les faibles halos des réverbères à l'extérieur, le visage du brun était empli de luxure et de tristesse, un mélange explosif qui fit frissonner Tom. Le claquement sec des stores retentissait sans trêve, l'atmosphère était étouffante. Ses doigts entrèrent en contact avec la peau humide de larmes.

« Je... Bill... ? » souffla-t-il pour lui même.

Ses mots furent de toute façon couverts par le souffle du vent qui s'engouffrait, de plus en plus agressif, dans la pièce, et Tom ne put s'empêcher d'admirer la longue chevelure de Bill s'emmêlant dans les bourrasques et retombant nonchalamment sur ses épaules nues lorsque l'air s'apaisait.

Le brun avait baissé les yeux, souhaitant probablement fuir un regard que Tom savait interrogateur et accusateur à la fois.

Une caresse plus longue et appuyée que les autres lui fit rejeter la tête en arrière et il perdit l'équilibre, retombant mollement sur le dos. La main de Bill commençait à monter et descendre régulièrement et lascivement le long de son désir, et la sensation était de plus en plus présente. Soudain, le blond eut un éclair de lucidité.

Vivement, il se redressa et saisit les deux poignets de Bill, les écartant de son corps pour les lever vers le ciel, le brun toujours assis sur ses cuisses. Dans cette position, son visage était extrêmement proche de celui de son frère, et il l'obligea, en faisant se frôler le bout de leur nez, à relever les yeux pour les river dans les siens.

« Mais... mais qu'est ce que tu fous... ? »

Un sanglot s'étouffa dans la gorge de Bill, le faisant sonner comme un gémissement, et Tom sentit sa propre érection bondir contre le ventre de son frère. Ses yeux s'écarquillèrent tandis qu'un sourire gêné naissait sur les lèvres du brun.

« Je... tu m'en veux, Tomi... ? »

Déstabilisé par les réactions de son propre corps, Tom se mit à réfléchir à toute vitesse. Il fallait qu'il quitte cet endroit immédiatement, il était évident qu'il ne contrôlait absolument rien. Brusquement, il tenta de se dégager de l'étreinte de Bill, mais ne réussit qu'à le faire basculer. Couchés sur le flanc l'un contre l'autre, leurs jambes entrelacées, les jumeaux tressaillirent lorsque leurs lèvres entrèrent en contact dans leur chute.

Paniqué, Tom tenta de s'écarter en poussant faiblement les épaules de Bill, cherchant à détacher leurs torses, leurs ventres, mais une des mains de son frère s'insinuant de force dans sa nuque, sous ses longues dreads blondes, eut l'effet contraire et attachèrent leurs bouches ensembles dans un baiser informel.

Un cliquetis métallique surprit Tom lorsque la langue de Bill vint caresser sa lèvre inférieure, choquant lascivement leurs deux piercing, l'un glacé, l'autre brûlant. Un long gémissement rauque échappe au blond, qui vit à peine ses propres mains quitter les poignets de son frère pour venir s'attacher à son bassin, bassin qui se mouvait déjà dangereusement contre le sien.

Bill, profitant de cet instant de faiblesse, posa à son tour ses mains sur celles de Tom, obligeant le blond à raffermir sa prise sur ses hanches et lui arrachant un nouveau gémissement, qu'il considéra immédiatement comme une invitation à glisser sa langue dans la bouche entrouverte de son frère, caressant sans retenue les phalanges crispées sous les siennes.

En sentant le muscle humide glisser le long du sien dans une danse à la fois sensuelle et maladroite, Tom entendit le vent hurler entre ses tempes, masquant cette voix déjà faible qui le suppliait de se débattre, de mettre fin à ce baiser. Il sut qu'il était déjà bien trop tard lorsque ses propres doigts s'enfoncèrent dans la peau qui leur était offerte, caressant un peu brusquement les hanches de Bill et l'attirant plus près encore, si c'était possible. Le brun haleta légèrement dans sa bouche, et cela suffit à abattre les dernières résistances de Tom, qui glissa ses mains sous l'élastique du boxer de son jumeau, dernier vêtement dont le gris neutre le fit tiquer, pour englober les fesses si fermes et si semblables aux siennes qui se contractèrent sous ses doigts calleux.

Un simple sanglot étouffé contre sa lèvre lui rappela soudainement combien il aimait son frère, et à quoi il était prêt pour apaiser sa souffrance...


The love you lost with his skin so fair
Is free with the wind in his butterscotch hair

L'amour que tu as perdu si justement contre sa peau
Se libère avec le vent dans ses cheveux au caramel


Tom se laissa alors tendrement aller à l'étreinte, relâchant progressivement sa prise sur les fesses de Bill pour les caresser plus légèrement, répondant au baiser et se délectant du goût merveilleux du brun et de la surprenante caresse de son bijou sur son palais.

Entremêlant leurs jambes plus suggestivement encore, il entreprit de s'allonger sur le dos en maintenant Bill au dessus de lui, sans même détacher leurs lèvres, et ne put retenir un hoquet lorsque le sommet de son érection vint une fraction de seconde tenter de se loger dans le nombril de son frère, butant dans le relief du petit orifice avant de frotter lascivement contre la peau qui le surmontait.

A nouveau assis sur le haut de ses cuisses nues, Bill mit fin au baiser en se redressant, ses deux mains à plat sur le torse imberbe de Tom qui s'élevait et s'abaissait frénétiquement sous ses yeux. Lâchant un long soupir, il rejeta la tête en arrière, se débarrassant dans le vent des longues mèches noires collées à la moiteur de son visage, libérant dans l'air cette entêtante odeur de caramel qui rendait Tom un peu plus fou chaque jour.

Dans le même mouvement, il abaissa l'une de ses mains, la plus agile, le long du ventre du blond qu'il caressa du bout des ongles pour venir se saisir à nouveau de sa virilité délaissée, sur laquelle il posa deux immenses yeux avides.

Yeux que Tom vit ensuite s'ancrer dans les siens une nouvelle fois, dans une demande silencieuse à laquelle il choisit de ne pas répondre, détournant prestement le regard. Mais l'ongle insidieux du pouce de Bill s'enfonçant légèrement dans l'extrêmité sensible de son membre tendu l'obligea à gémir, et il réalisa combien son propre souffle était brûlant en le sentant s'échapper entre ses lèvres serrées.

Hésitant, il trouva ce regard qu'il avait fui, mais un peu plus bas, plus près de son désir.

« Je peux... ? »

Il n'y avait plus la moindre trace de sanglot dans la voix de Bill, dont la bouche se tordait en une moue suppliante, et dont l'innocence feinte était très clairement trahie par la lueur vicieuse qui illuminait son regard dans l'obscurité.

Tom déglutit difficilement et sembla chercher l'air entre chacun de ses mots.

« Qu'est ce... que... tu veux... faire ? »

Bill haussa un sourcil et passa le bout de sa langue au coin de sa lèvre inférieure dans un ronronnement félin, avant de serrer un peu plus l'érection du blond entre ses doigts fins.

« Je veux la prendre dans la bouche... »

Une unique larme, chaude et brillante, roula sur la joue de Tom qui en fut le premier surpris. Vivement, il l'essuya du bout des doigts avant de tendre la main vers le visage de Bill pour écarter les quelques mèches que le vent ramenait déjà devant ses yeux d'ambre. Mais son frère fut plus rapide et piégea deux des doigts qui avançaient entre ses lèvres pour les sucer sans bruit, faisant glisser la petite boule d'acier entre eux et léchant le sel de la larme qu'ils venaient de chasser.

Les cuisses du guitariste se mirent à trembler de façon incontrôlable tandis que son autre main vint pousser sur l'épaule du brun, l'obligeant à lâcher les doigts malmenés pour redescendre au dessus de son bas ventre.

Entre le vent et les battements de son c½ur, Tom perçut un dernier murmure.

« Alors... ? S'il te plaît... »

Un hochement de tête presque imperceptible et les lèvres de Bill embrassaient déjà l'intérieur de l'une de ses cuisses, le brun reculant légèrement pour s'asseoir sur le haut de ses tibias.

Lorsque la bouche du brun se referma sur son désir avec une douceur maîtrisée, la vue de Tom se brouilla, et il ne distingua plus qu'une vague tâche noire se mouvant à la source de la chaleur qui irradiait son corps.

Tous ses autre sens étaient eux en exergue.

Le bourdonnement entre ses tempes s'ajoutait au sifflement strident de l'air déchaîné, sans pour autant parvenir à couvrir les bruits de succion humides accompagnant les mouvements de la bouche de Bill sur lui tant son ouïe était en alerte.

L'odeur de caramel qui envahissait la pièce et ses narines se mêlait à présent à celle de la sueur qui perlait au creux de son propre ventre, ainsi qu'à celle, un peu plus âpre, du liquide séminal que Bill étalait le long de son sexe du bout de la langue avec grande application.

Ses dents fermement plantées dans sa lèvre inférieure sans même qu'il le réalise laissaient s'insinuer en lui le goût métallique du sang, tandis qu'il essayait vainement de s'imaginer son propre goût s'écouler dans la gorge de son frère, son membre bondissant contre le palais de Bill à cette simple pensée, le faisant gémir et fermer définitivement ses paupières.

Quant aux fins cheveux de Bill qui glissaient à présent entre ses doigts tels de longs filets de sable, Tom ne pouvait s'empêcher de tirer délicatement dessus, pour les relâcher et venir masser son cuir chevelu, obligeant par cette caresse son frère à le sucer un peu plus fort, un peu plus profondément. C'était le toucher le plus doux et provoquant après celui de la langue de Bill qui venait de s'insinuer dans la petite fente au sommet de sa virilité.

Les mains de Tom se crispèrent, et il se mit à haleter malgré lui.

Le gémissement qui suivit se confondit si bien avec celui du vent que Tom ne sut distinguer de qui il provenait. Son c½ur s'emballait, des larmes brûlantes roulaient silencieusement sur ses joues, et il dut se faire violence pour entrouvrir à nouveau les yeux et trouver le regard de son frère.

Bill lui sembla perdu, loin, si loin de lui et pourtant si près, si chaud. Dans un grognement, il tira un peu plus fortement sur sa longue chevelure afin de l'éloigner, sous peine de jouir dans la seconde. Bill eut un petit rire, mais qui ne fut que de très courte durée, immédiatement étouffé par les lèvres de Tom qui venait de se redresser pour l'embrasser à pleine bouche.


His brown eyes blew goodbyes
With his head in your hands and his kiss on the lips of another

Ses yeux marrons ont soufflé des adieux
Avec sa tête dans tes mains et son baiser sur les lèvres d'un autre


De surprise, Bill ne ferma pas les yeux, et répondit au baiser sans bouger, glissant paresseusement sa langue dans la bouche de son jumeau qui le dévorait avec avidité. Lorsque Tom ouvrit prestement les siens, encore humides de larmes, il entrevit un vide inconnu dans le regard de son reflet.

Doucement, il leva ses mains jusqu'au visage de Bill, plaçant chacun d'elle sur une joue rosie, et écarta délicatement le visage de son jumeau du sien, plongeant dans ces deux lacs à présent placides.

Les yeux du brun décelaient une telle tristesse, un telle nostalgie, Tom était persuadé d'en connaître la raison. Pourtant, elle ne lui revenait pas, et il tenta faiblement de se convaincre que c'était sûrement pour le mieux, lorsqu'un faible murmure contre sa bouche la lui rappela brutalement :

« Andréas... »


Dream Brother, with your tears scattered round the world.
Dream Brother, tes larmes éparpillées autour du monde...


Comme par un système d'échange surnaturel et bien rôdé, les larmes de Tom cessèrent immédiatement de couler tandis que celles de Bill revinrent subitement inonder son visage.

Le blond ne réalisa pas qu'il serrait de plus en plus fort la mâchoire de son frère entre ses mains, crispées, qui tenaient son visage en coupe.

Bill dut poser ses propres mains sur les siennes pour les écarter, et il y mit toute la misérable force dont il était encore capable.

La colère de Tom explosa lorsque Bill, ses mains dans les siennes, détourna le regard en reniflant bruyamment.

Dans un mouvement de pure rage, le blond se débarrassa de l'emprise et saisit entre ses doigts les hanches de son frère, qu'il souleva et plaqua sans douceur contre le matelas, ses paumes fermement enfoncées au dessus des os de son bassin.

« Tu me fais mal... Tu me fais mal... »

Bill avait sangloté ces quelques mots, et Tom prit cette fois le vent pour excuse, décidant de prétendre qu'il n'avait rien entendu, et serrant plus fort encore la peau meurtrie sous ses doigts.

Son c½ur le brûlait si fort qu'il lui sembla qu'il allait bondir hors de sa poitrine, douloureuse de retenir tout cette colère. Son souffle, un sifflement chaotique, lui échappait totalement, et il ne put s'empêcher de remarquer qu'après le noir et le blanc, il voyait tout en nuances de rouge.


« Don't be like the one who made you so old
Don't be like the one who left behind his name... »

Ne soit pas tel celui qui t'as rendu si vieux
Ne soit pas tel celui qui as laissé son nom derrière lui


« Il t'a fait du mal, alors tu m'en fais... à moi... ? »

Tom fut surpris d'entendre sa propre voix, serrée dans sa gorge comme dans un étau, s'élever dans la pièce, si douloureuse et incrédule qu'elle semblait avoir intimé au vent de se taire.

Le calme revenait dans la pièce alors que la température ambiante semblait avoir augmenté d'une dizaine de degrés.

Le visage de Bill, déformé par le chagrin, montrait une incompréhension si évidente que Tom devina sans mal combien il était désorienté. Il observa, comme à des kilomètres de là, les lèvres du brun se mouvoir pour forme le mot « Pardon. », et tout colère s'évanouit, tandis qu'il revenait l'embrasser le plus tendrement du monde.

Entre deux baisers, le blond vint chuchoter à l'oreille de son jumeau :

« Je ne laisserai plus personne te faire du mal... »

« Ne... ne me laisse pas t'en faire à toi... »


La voix de Bill était suppliante, et Tom ne put qu'aquiescer silencieusement.


« 'Cause they're waiting for you like I waited for mine
And nobody ever came... »

Car ils t'attendent comme j'ai attendu le mien
Et personne n'est jamais venu...


Ses baisers se firent de plus en plus brefs et attentionnés, parcourant la gorge vibrante de sanglot du brun, et il fut étonné de sentir combien son désir était encore vif, son érection glissant en même temps que lui le long du corps tremblant.

« Bill... »

Tom vint souffler dans le nombril humide de son frère, et laissa l'un de ses mains descendre le long de son érection toujours prisonnière de son sous-vêtement, qu'il entreprit de retirer avec son autre main.

Jetant le tissus au loin, ses yeux s'attardèrent sur le désir de Bill, miroir du sien, et il réalisa tout juste ce qu'il était sur le point de faire. Ce qu'il voulait faire. De tout son c½ur.

Ses mains remontèrent sur les cuisses du brun en une langoureuse caresse, et tandis que l'un venait saisir cette érection tentatrice, l'autre se glissa subreptiscement plus bas, plus loin, entre les fesses légèrement soulevée qui se tortillaient faiblement à l'appréhension de ce qui allait suivre.

Un des doigts de Tom effleura l'intimité de Bill en même temps que ses lèvres effleurèrent sa joue, léchant une larme.

« Je... Bill, ne cherche pas l'amour... »

Et il appuya du bout du doigts sur l'étroit anneau de chair, testant sa résistance, arrachant un long soupir au brun qui eut du mal à formuler sa question.

« Pourquoi... ? »

Tom ajusta sa position, allongeant Bill plus confortablement entre ses cuisses, et s'appuyant sur un de ses coudes pour mieux soutenir son regard inquisiteur.

« Tous ces gens... ne sauront que te blesser... laisse les là où ils sont. J'ai attendu l'amour, je l'ai cherché... tu le sais... tu m'as vu faire... »

A ses mots, Bill frissonna, et Tom constata le retour du vent, qui bien que plus calme, vint refroidir la sueur accumulée entre ses reins et ses omoplates.

« Et... j'ai compris... »

Le blond avait volontairement soufflé ces mots entre leurs deux bouches, dans l'étroit espace qui séparait leurs visages et que ses doigts vinrent combler avant qu'il ne les glisse sur la langue de Bill, qui les suça sans hésiter.

« ... compris qu'on attend pas ce qu'on a déjà. Ne cherche pas ailleurs. Tu m'as moi. »

Bill manqua s'étouffer et éjecta les doigts de sa bouche dans un hoquet. Tom les ramena alors à leur point de départ, contre cette entrée brûlante et intime, qu'il savait sensible et qu'il voulait faire sienne sans comprendre pourquoi.

Lentement, il y enfonça ses deux premières phalanges, capturant en même temps les lèvres entrouvertes du brun entre les siennes. Le gémissement de Bill mourut dans sa bouche, comme tous ceux qui suivirent tandis qu'il mouvait délicatement son doigt, cherchant à s'immiscer de plus en plus profondément.

Les hanches de son jumeau bougeaient déjà à un rythme soutenu, celui-ci semblant s'abandonner totalement à cette vicieuse caresse, et Tom pouvait sentir sa virilité pulser contre son ventre, cognant le peau tendue de ses abdominaux à chacune des pénétration de son doigt.

Les jumeaux frémirent et gémirent en ch½ur tandis que Tom insinuait un second doigt à l'intérieur de Bill, dont la respiration saccadée était des plus encourageantes.

Terriblement excité par le regard grisé qu'il apercevait entre les paupières mi-closes de son frère, Tom retira ses doigts et délaissa les lèvres pulpeuses du brun pour oser un audacieux coup de langue sur son gland, avant de le saisir par la taille et de se balancer avec lui de façon à ce qu'il se retrouve dans leur position initiale, celle dans laquelle il s'était réveillé plus tôt.

A quatre pattes au-dessus de lui, Bill comprit très vite ce que son frère attendait de lui : qu'il décide de quoi faire.

Un sourire, à la fois grisé, épuisé et inquiétant, étira ses lèvres, qu'il lécha avidement avant de cracher malicieusement dans sa main alors que le regard de Tom ne le quittait plus.

Lascivement, il enduit le sexe du blond de salive, et se positionna juste au dessus, fermant déjà les yeux. Du bout des doigts, il guida la hampe de chair incandescente de façon à ce qu'elle effleure régulièrement son intimité, le ventre de Tom se contractant à chaque fois.

Au bout de quelques secondes de cette innommable torture, Tom vit son frère s'abaisser légèrement en ouvrant la bouche dans un cri muet, sentant simultanément son désir s'enfonçant dans des méandres dont il ne soupçonnait ni la chaleur, ni l'étroitesse.

Bill descendait progressivement le long de son sexe, sa tête rejetée en arrière, des gouttes de sueurs luisant au dessus de son nombril pour venir se perdre dans la timide pilosité de son bas ventre, ses mains à plat derrière lui sur les cuisses de Tom l'obligeant à se cambrer de façon si tentatrice que Tom crut qu'il allait cesser de respirer.

La peur étreignit soudainement son c½ur lorsque Bill se laissa d'un coup descendre jusqu'à s'asseoir sur le haut de ses cuisses, et le plaisir incroyable qu'il en ressentit ne suffit pas à la balayer.


« I feel afraid and I call your name
I love your voice and your dance insane

J'ai peur et je crie ton nom
J'aime ta voix et ta danse démentielle


« Bill ! »

Ses mains toujours sur les hanches du brun, il le souleva un peu, tentant de se retirer, mais son jumeau protesta silencieusement, se dégageant de l'emprise d'un coup de bassin qui les fit tous deux gémir.

« Bill... »

Sa vue se brouillant à nouveau sous l'effet du plaisir, Tom ressentit plus qu'il ne vit son frère entamer une danse qu'il maîtrisait parfaitement, se déhanchant délicieusement sur lui, se délectant de ce sexe brûlant qui le pénétrait docilement au rythme qu'il lui imposait.

Sa voix s'élevait en une litanie de gémissements incohérents, et Tom, malgré toutes les sensations qui le ravageait, pensa, lucide, que la voix de Bill était sans doute le plus belle au monde. Il l'entendit à peine prononcer quelques mots anormalement aigus.


I hear your words and I know your pain
Your head in my hands and your kiss on the lips of another

J'entends tes mots et je connais ta douleur
Ta tête dans tes mains et son baiser sur les lèvres d'un autre...


« Ne me laisse pas... ne me laisse pas... »

Trop effrayé à l'idée que son frère ne s'adresse pas à lui mais à celui qui l'avait tant blessé, Tom accéléra les coups de reins, le faisant taire, bien qu'il puisse comprendre sa douleur, si forte qu'il avait eu besoin de la noyer dans la luxure, dans l'interdit, n'imaginant sûrement pas un seconde l'effet que cela pourrait avoir sur le blond. S'il était la plus belle personne que Tom connaisse, Bill lui semblait à présent être également la plus égoïste.

Egoïsme qui se confirma lorsque le brun, sans plus attendre, jouit puissamment sur son propre ventre dans une longue contraction, sa semence giclant jusqu'à son propre nombril avant de venir s'étaler sur le ventre de Tom tandis qu'il se laissait retomber sur lui.


Your eyes to the ground
and the world spinning round forever

Tes yeux au sol
Et le monde tournant pour toujours


Brûlant de frustration, de chagrin et de colère, Tom abattit ses mains sur les omoplates de Bill, et le serra rageusement contre lui, tandis que les yeux du brun se perdait dans la contemplation du sol.

Lentement, le guitariste, toujours prisonnier des muscles de son jumeau enserrant son érection encore bien vive, sentit son ventre s'enflammer, et ferma les yeux en espérant un orgasme salvateur, quand sa tête se mit soudainement à tourner, à l'infini...


Asleep in the sand with the ocean washing over... »
Endormi dans le sable, l'océan se retirant...


« Tomi... ? Tomi, tu vas brûler sur place, aller ! Tomi !! »

Une main fraîche secouait son avant-bras sans ménagement.

« Laisse le dormir bébé... il a du trop boire hier... »
« Mais il bouge, et regarde, on dirait... on dirait qu'il pleure ! »
« Il doit rêver, tu sais, comme les chiens... Laisse le tranquille. »


Dans son dos, le sable chaud le picotait, semblant vouloir s'incruster dans sa peau moite. Tom serra les dents sans ouvrir les yeux.

« Mais Andy... »
« Bill, arrête, ton frère est grand, il sait ce qu'il fait... et puis s'il se prend un gros coup de soleil en pleine face, on rigolera bien ce soir ! Aller, laisse le, viens te baigner... »
« Andy... »
« Bébé.... »


Et Tom entendit le rire de Bill s'élever dans l'air tandis que ses pieds couraient vers la mer, dont le bruit assourdissant lui fit penser à celui d'une bourrasque...

D'énormes larmes s'échappèrent de ses yeux toujours clos, tandis que ses poings serrées emprisonnaient chacun un millier de grains de ce sable blanc qui jonchait la plage de leur hôtel.

Ouvrant subitement les paupières, Tom laissa le soleil des Maldives brûler ses rétines, espérant qu'il lui empêcherait de voir la réalité de son c½ur pour le restant de ses jours.


FIN.


# Posté le jeudi 12 juin 2008 10:06

Modifié le lundi 29 décembre 2008 13:51

n° 5 - OS : " 60. "

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# Posté le jeudi 07 août 2008 07:15

Modifié le lundi 29 décembre 2008 14:03